PIF chat : la péritonite infectieuse féline

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La péritonite infectieuse féline (PIF) chez le chat : causes, symptômes, traitement et pronostic

La péritonite infectieuse féline (PIF) est une maladie virale grave chez le chat. Elle est causée par la mutation d’un coronavirus félin, et entraîne divers symptômes dont des épanchements de liquide dans le thorax et l’abdomen, des troubles neurologiques, des atteintes oculaires et de la fièvre. Longtemps considérée comme incurable, la PIF était presque toujours fatale en l’espace de quelques semaines seulement sans traitement. Récemment, l’arrivée de traitements antiviraux (notamment le GS-441524) permet enfin une guérison complète chez la majorité des chats atteints.

pif chat

PIF du chat : c’est quoi exactement ?

La cause de la PIF : un coronavirus (FcoV) mutant

La PIF (péritonite infectieuse féline) est provoquée par la transformation d’un coronavirus entérique félin bénin en une forme virale agressive à l’intérieur de l’organisme du chat.

De nombreux chats hébergent dans leur intestin un coronavirus félin inoffensif (appelé FCoV) sans présenter de symptômes. Cependant, chez une faible proportion de ces chats, ce virus peut subir une mutation qui lui permet d’infecter les globules blancs et de se diffuser dans tout le corps : c’est cette mutation qui déclenche la maladie de la PIF chez le chat.

Il existe deux formes de PIF :

  • une PIF sèche: le virus forme des granulomes et s’attaque à divers organes vitaux sans produire d’épanchement de liquide. L’évolution est généralement plus lente, avec des symptômes variables selon les organes touchés
  • une PIF humide: elle évolue rapidement et se caractérise par une accumulation de liquides dans les cavités du corps (abdomen et/ou thorax).

Mode de transmission : comment un chat attrape-t-il le coronavirus responsable (FcoV) ?

Le coronavirus félin (FcoV) se transmet par voie féco-orale, c’est-à-dire par contact avec des matières fécales infectées : par exemple via les bacs à litière partagés, les objets souillés (pelles, accessoires de nettoyage) ou encore par le léchage entre congénères. Les chats qui vivent en collectivité (comme les refuges, voire les pensions) sont donc naturellement plus exposés à l’infection par ce coronavirus.

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Bon à savoir

Contracter le coronavirus félin n’implique pas automatiquement de développer une PIF. La plupart des chats infectés ne déclareront jamais la maladie : il faut qu’il y ait la mutation interne du virus, ce qui n’arrivera qu’à une minorité de chats. 

Les principaux facteurs de risque de la PIF du chat

Certains facteurs augmentent la probabilité qu’un chat porteur du coronavirus félin (FcoV) développe une PIF. Les principaux sont :

  • L’âge : les jeunes chats (moins de 2 ans) sont les plus souvent touchés, même si la péritonite infectieuse féline peut survenir à tout âge. Les chats âgés seraient aussi plus vulnérables.
  • La vie en collectivité : beaucoup de chats développant une PIF proviennent de lieux où sont hébergés plusieurs chats, tels que les refuges, élevages, etc.
  • Le stress et les co-infections : un stress récent ou la présence d’une autre pathologie peuvent être associés avec l’apparition d’une PIF. Par exemple, un chat avec le FeLV (Leucose) a plus de chances d’attraper des pathologies, dont la PIF.
  • La prédisposition génétique ? La science n’exclut pas la possibilité que certaines races soient prédisposées à être un peu plus touchées par la PIF, mais si cela ne semble pas prouvé de manière certaine.

La PIF est donc une maladie contagieuse ?

En fait, pas vraiment ! La PIF n’est pas considérée comme une maladie contagieuse, car le virus sous sa forme mutée (celle responsable de la PIF) ne se transmet a priori pas efficacement d’un chat à l’autre. Ce qui se transmet entre chats, c’est la forme entérique bénigne du coronavirus (très courante dans la population féline) : c’est seulement plus tard, au hasard des mutations chez chaque chat, que peut surgir une PIF.

Aucun risque de transmission à l’humain !

Bonne nouvelle, le coronavirus félin responsable de la PIF est spécifique aux chats et n’infecte pas l’être humain. Vous ne pouvez donc pas attraper la PIF au contact d’un chat malade, et inversement votre chat ne risque rien vis-à-vis des coronavirus humains tels que celui du COVID-19. Il s’agit de virus différents, propres à chaque espèce.

Péritonite infectieuse féline : les symptômes

Les premiers signes de la PIF sont souvent discrets et peu spécifiques. Le chat peut :

  • avoir de la fièvre,
  • sembler abattu, léthargique,
  • perdre l’appétit et du poids.

Ces symptômes de la PIF du chat sont très généraux et absolument pas spécifiques à la maladie, ce qui rend le diagnostic très compliqué. Ils durent généralement quelques jours à quelques semaines. Après cette première, la maladie évolue soit vers une forme humide, soit vers une forme sèche :

  • En cas de PIF humide: des quantités importantes de liquide s’accumulent dans l’abdomen et/ou la poitrine. Cela se remarque facilement, puisque le chat a alors un ventre distendu. Il peut même avoir du mal à respirer. D’autres symptômes possibles de la PIF humide du chat sont la fièvre, l’abattement, l’anémie, la jaunisse. Sans traitement, l’état du chat se dégrade très vite !
  • An cas de PIF sèche: il n’y a pas d’épanchement de liquide. Les symptômes de la PIF sèche du chat sont plus variés et liés aux organes atteints par les lésions. L’évolution est souvent plus lente, sur plusieurs semaines voire quelques mois. Parmi les symptômes possibles, on retrouve des troubles oculaires (par exemple une uvéite qui peut décolorer l’iris), des troubles neurologiques (difficulté à marcher, pertes d’équilibre, convulsions), une perte de poids, des diarrhées ou vomissements chroniques, une augmentation du volume de certains ganglions.

Malheureusement, il n’existe pas de test unique totalement fiable pour diagnostiquer la PIF du chat.

Pourquoi le diagnostic de la PIF chez le chat est-il compliqué ?

Comme nous l’avons vu en début d’article, la majorité des chats sont porteurs d’un virus appelé coronavirus félin (FCoV) dans leurs intestins. Ce virus est généralement inoffensif. Chez certains chats seulement, ce virus mute en une forme dangereuse appelée PIF, qui est mortelle. Le problème, c’est que ces deux formes du virus (bénigne et dangereuse) se ressemblent énormément dans les tests classiques. On ne peut donc pas facilement les distinguer.

Les vétérinaires doivent donc combiner plusieurs tests et observations pour confirmer ce diagnostic délicat. Parmi ces tests, on trouve :

  • Observation des symptômes : fièvre persistante, perte de poids, fatigue, gonflement du ventre (si forme humide)…
  • Analyses sanguines 
  • Ponction et analyse du liquide présent dans l’abdomen ou le thorax (si c’est la forme humide) :
  • Tests plus précis (PCR spécifique)
  • Biopsie

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PIF du chat : un traitement très efficace existe !

Pendant longtemps, aucun traitement curatif n’existait pour la PIF du chat. Les vétérinaires ne pouvaient proposer qu’un accompagnement palliatif afin de soulager temporairement les symptômes : dans la quasi-totalité des cas, l’issue était fatale et une euthanasie était souvent préconisée.

Mais cela a changé il y a peu de temps : il existe maintenant un traitement contre la PIF chez le chat ! Il s’agit du traitement « GS-441524 » : oui, ce nom est un peu compliqué mais il permet de soigner très efficacement les chats atteints de la péritonite infectieuse féline.

Quel est le protocole du traitement GS-441524 contre la PIF ?

Au moment où l’on écrit ces lignes, le traitement de la PIF avec le GS-441524 dure généralement 84 jours, avec une prise quotidienne du médicament sous forme de capsules, comprimés ou solution liquide préparée par un pharmacien. Un suivi vétérinaire régulier (analyses sanguines) est nécessaire, toutes les 4 semaines.

Traitement de la PIF du chat : quel prix ?

Aujourd’hui, le coût du traitement s’élève à plusieurs centaines d’euros au total : cela peut être élevé pour certains propriétaires, mais le taux de réussite observé est excellent. Il ne faut pas oublier que quelques mois auparavant, un chat qui contractait une PIF était quasiment condamné !

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Le traitement GS-441524 contre la PIF du chat est vraiment efficace ?

Oui ! Et pour le prouver, on peut citer une récente étude1 menée au Japon, qui a montré l’efficacité du traitement antiviral GS-441524 chez des chats atteints de PIF. Sur 59 chats traités avec ce médicament, environ 80 % ont survécu et tous ceux qui ont terminé le traitement ont atteint la rémission. Environ 20 % des chats sont décédés au début du traitement, ce qui rappelle la gravité de la maladie et l'importance d'un diagnostic rapide. Un autre groupe de chats dans l'étude recevait du molnupiravir, un médicament qui a donné des résultats similaires, mais qui semble aujourd’hui moins recommandé (il pourrait présenter des risques importants pour la santé du chat).

Et du coup, ce traitement GS-441524 permet de guérir complètement le chat, même à long terme ?

Même si le traitement est encore « récent », une autre étude2 a confirmé il y a peu de temps l’efficacité à court et moyen terme du traitement GS-441524 contre la PIF chez le chat. Dans cette étude, sur 18 chats guéris grâce à ce médicament, aucun n'a rechuté au cours de l'année suivant le début du traitement. Les analyses médicales régulières ont montré que le virus ne réapparaissait pas dans le sang, et que les chats restaient globalement en bonne santé. Seuls quelques effets légers (ganglions légèrement gonflés ou symptômes neurologiques mineurs) ont été observés chez quelques chats, mais sans conséquence sérieuse. Une vraie bonne nouvelle !

Un vaccin contre la PIF du chat ou pas ?

À ce jour, il n’existe pas de vaccin efficace contre la PIF pour protéger les chats. La prévention repose essentiellement sur une bonne gestion de l’hygiène et de l’environnement : éviter la surpopulation féline, maintenir des litières propres, limiter le stress… Ces mesures réduisent le risque d’exposition massive au coronavirus entérique et donc, indirectement, le risque qu’une PIF ne se déclenche.

PIF chat : une très bonne espérance de vie avec le traitement

Le pronostic de la PIF a longtemps été extrêmement sombre. Sans traitement, l’issue est fatale dans 100 % des cas, généralement quelques semaines à peine après l’apparition des premiers signes cliniques. Beaucoup de chats gravement atteints de PIF doivent être euthanasiés pour abréger leurs souffrances, car leur état se détériore rapidement et irréversiblement.

Avec le traitement antiviral désormais disponible, l’espérance de vie d’un chat atteint de PIF a radicalement changé. Désormais, environ 8 à 9 chats sur 10 traités précocement avec le GS-441524 guérissent de leur PIF. Mieux, la plupart retrouvent une vie normale une fois le traitement terminé : ils reprennent du poids, retrouvent leur énergie et ne rechutent pas.

Le pronostic est donc passé de « fatal » à « favorable » pour une grande majorité de chats traités.


Références

1 Sase, O., Iwami, T., Sasaki, T., & Sano, T. (2024). GS-441524 and molnupiravir are similarly effective for the treatment of cats with feline infectious peritonitis.

2 Zwicklbauer, K., Krentz, D., Bergmann, M., Felten, S., Dorsch, R., Fischer, A., Hofmann-Lehmann, R., Meli, M., Spiri, A. M., Alberer, M., Kolberg, L., Matiasek, K., Zablotski, Y., von Both, U., & Hartmann, K. (2023). Long-term follow-up of cats in complete remission after treatment of feline infectious peritonitis with oral GS-441524.